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LE 10 AVRIL ? L’éditorial du Dr. Samuel Mack-Kit, Président de l’UPC. Oui ! C’était le 10 Avril 1948. C’était un Samedi. Une fin de semaine. Il faisait chaud ce jour-là, comme c’était souvent le cas au mois d’Avril, en ces temps là. A l’époque, les saisons avaient des caractéristiques. Donc, en cette fin d’après-midi du 10 Avril 1948, au moment où la nuit allait tomber, une dizaine de paisibles citoyens kamerunais, chacun sirotait son verre de consommation dans un café de la banlieue de Douala. Ils terminaient la première version des Statuts de l’UNION DES POPULATIONS DU CAMEROUN (UPC). Cela n’avait pas été facile. Quelques mois auparavant, le pouvoir colonialiste avait écrasé dans l’oeuf le RACAM (Rassemblement Camerounais). La rédaction de ces Statuts est un spécimen révélateur du génie des pères fondateurs de notre Parti. « Céder sur la forme, si cela s’avère utile et/ou nécessaire, mais jamais sur le fond quoi qu’il puisse en coûter ! » Depuis 1948, telle a été la règle de conduite des dirigeants et des militants du Parti face à toutes les difficultés rencontrées. Beaucoup des nôtres, et des meilleurs ont payé le prix fort pour qu’il en soit ainsi, c’est-à-dire, qu’ils ont accepté volontairement de sacrifier leur vie. Ils ont accepté de le faire parce qu’ils savaient que c’était la seule façon et cela reste l’unique moyen afin que notre Peuple redevienne maître de son destin. C’est donc un devoir imprescriptible pour nous de faire en sorte que cette vérité, quoi qu’il arrive, ne soit jamais étouffée. Nous y veillons. Nous continuerons d’y veiller. Nous sommes convaincus que nos successeurs y veilleront avec la même énergie. A ceux qui prétendent que les Upécistes passent leur temps à regarder le rétroviseur, nous disons : Basta ! Silence ! Vous, vous avez peur de découvrir ce que le rétroviseur va vous renvoyer comme image de votre passé, comme image de vos prédécesseurs ! Nous, nous n’avons pas cette peur, car nous sommes sûrs d’être les dignes héritiers de nos prédécesseurs. Nous sommes fiers d’être Upécistes. Nous savons et notre Peuple le sait, ce que l’UPC a déjà fait pour ce pays ; ce qu’elle fait en ce moment, même dans son état de faiblesse actuelle et ce qu’elle fera demain pour notre pays. L’UPC n’a jamais trahi. L’UPC n’a jamais failli à sa mission d’avant-garde. En effet :
Elle est au musée de l’Histoire, prétendent les auteurs de ces ricanements. Le présent ? Messieurs les ricaneurs, vous voulez que l’on parle du présent ? D’accord, parlons-en. Laissons de côté, pendant un instant le fait que bannis, exilés, jetés en prison, méprisés, humiliés, reniés même parfois non seulement par les amis, mais aussi par les parents, les Upécistes, voire même les sympathisants Upécistes, ont été seuls, à continuer de façon organisée, le combat pour le multipartisme, les droits de l’Homme et la démocratie pour notre pays et ce pendant près de 30 ans ! Oui, laissons cela de côté ! La vie était tellement dure ! Ahidjo était tellement féroce ! Parlons du présent. Partons de 1990 et citons quelques faits.
Relever ce qui précède, n’est pas de la vantardise. Ce sont des faits d’Histoire. Ceci ne diminue en rien le mérite de ceux qui, sans être upécistes, ont lutté et/ou qui continuent de lutter. Nous savons qu’il y en a. Nous en connaissons. Heureusement ! Mais l’erreur est humaine. Comme certains parfois oublient et que beaucoup de jeunes ne savent pas, il nous semble indiqué de temps en temps, de faire ce type de rappel. C’est aussi ce que pensait UM NYOBE, lorsqu’il affirmait : « …Nul n’est prophète en politique, mais quand on est constamment coupable d’avoir eu raison le premier, l’on a une certaine satisfaction morale à faire la revue de quelques faits du passé… ». (In L’Amitié francokamerunaise en danger. Alerte à l’opinion kamerunaise et mondiale). En ce mois d’Avril 2009, mois de sa naissance, que veut l’UPC ? L’UPC veut le changement. Il faut que ça change ! L’UPC veut, aujourd’hui comme hier et demain, que le Peuple kamerunais redevienne et reste maître de son destin. Le RDPC a saboté la voie des élections pour le changement de régime et/ou du personnel politique. Nous devons restaurer la confiance de notre Peuple vis-à-vis de la voie des élections pour le changement. Le RDPC fait semblant de regretter la désaffection de notre Peuple à propos des élections. Mais en fait, c’est une situation qui l’arrange. Ainsi, en faisant voter quelques-uns seulement d’ailleurs de ses adhérents, il donne l’impression de fonctionner comme dans un régime démocratique. Par contre, les partisans du changement, ont intérêt à ce qu’il se déroule de véritables élections équitables et transparentes. C’est à travers ces élections qu’ils vont obtenir le changement et mettre le RDPC et ses amis, hors d’état de nuire au Peuple kamerunais. Pour avoir de véritables élections, il faut entre autres, un Code Electoral Démocratique. Mais le RDPC ne veut pas d’un pareil Code Electoral. Il faut donc le contraindre à en accepter un. Pour se réapproprier et contrôler le processus, électoral, notre Peuple doit obliger le RDPC à adopter un Code Electoral consensuel, c.à.d. conçu avec la participation de ceux qui contestent ses manigances actuelles. Pour ce faire, tout Parti politique, tout Syndicat, toute Association ou ONG, tout groupe de citoyens, peut et doit imaginer les moyens qui sont les siens et les utiliser. L’UPC, quant à elle, appelle à la formation d’un FORUM NATIONAL DEMOCRATIQUE, vaste Mouvement Populaire, de nature à poser très rapidement dans l’ensemble du triangle national, des actes de nature à inciter le RDPC à sortir de sa tour d’ivoire et à dialoguer avec les autres forces politiques du pays. Cette démarche pacifique, appliquée avec imagination, détermination et esprit de suite, est de nature, selon nous, à obtenir le début du changement par la rédaction d’un Code Electoral Démocratique dont le contenu aura été négocié et sera de ce fait, la résultante des aspirations en présence. C’est très bien diront certains. Vous voulez le changement de régime et de personnel politiques. Mais, si ceux qui sont-là s’en vont, qu’est-ce que vous allez faire ? Avez-vous au moins un Programme à proposer ? L’UPC répond : OUI ! Nous avons un Programme. Il a été adopté lors du Congrès de l’UPC d’Août 2008. Un Congrès que le RDPC, par Monsieur Kodock interposé, avait interdit. Ce Programme dégage treize fléaux que nous considérons comme des défis pour notre pays et auxquels nous proposons des réponses. Ces fléaux – défis sont :
Oui ! Nous voulons le changement parce que le RDPC a fait la preuve de son incapacité à résoudre quelque problème que ce soit. C’est un constat. Ce n’est pas un jugement. Les faits sont légion qui attestent de cette réalité. Malheureusement, le RDPC a conservé intacte sa capacité à exercer la répression. On l’a vu en Février 2008 contre les jeunes et tous les manifestants qui criaient : Famine ! Nous lui rappelons cette réflexion de UM NYOBE qui s’adressait alors aux colonialistes français en y changeant ce qui doit être changé : « Le Gouvernement français ne peut résoudre la crise kamerunaise au moyen de repli stratégique, car en dépit de la terreur, seuls représentent le progrès, ceux qui vont de l’avant et non ceux qui reculent ou virent de côté. Le repli stratégique peut entraîner quelques éléments, mais cela ne peut aller loin et les difficultés qu’on voulait détourner, persisteront toujours… » L’UPC, en ce début de mois d’Avril 2009, appelle les Kamerunais à se lever, à se mettre debout et à lutter comme ils l’ont fait depuis le 10 Avril 1948, pour le respect de leurs droits, pour redevenir un Peuple maître de son destin. Car, comme le disait encore UM NYOBE « … Personne ne lutte seul pour les autres ; personne ne peut, tout seul gagner la liberté pour les autres ; croire cela c’est se tromper énormément. C’est l’union de tous, l’union sincère et courageuse, c’est la collaboration fraternelle pour l’intérêt général qui conduisent au succès… ». In « Conditions Historiques du Mouvement de Libération dans les pays coloniaux ». Le 10 Avril ? Oui, c’était le 10 Avril 1948. C’était un Samedi. C’est le jour de l’anniversaire officiel de la création de l’UPC. Chacun de nos compatriotes doit et peut être fier de ce jour et de l’UPC qui, malgré les difficultés, n’a jamais trahi notre Peuple. Certes, certains de ses membres ou anciens membres l’ont fait. Mais ce faisant, ils se sont exclus d’eux-mêmes. L’UPC est et restera « l’âme immortelle du Peuple kamerunais ». Douala, le 2 Avril 2009. SITUATION AU KAMERUN AVANT LA NAISSANCE DE L’UPC Quand on parle de la naissance de l’UPC, il ne faut pas seulement penser à une date. La naissance de l’UPC n’est pas le fruit d’une génération spontanée, qui se serait produite le 10 avril 1948. C’est le résultat, l’aboutissement de tout un processus qui a duré plusieurs décennies, plus d’un demi-siècle. C’est le produit de la lutte de plusieurs milliers de nos compatriotes, de plusieurs générations de Kamerunais, depuis l’arrivée des colonialistes allemands en 1884. C’est en effet à cette date que ces derniers se sont imposés par la ruse et la tromperie, puis ensuite par la force, dans notre pays. Car le traité signé le 12 juillet 1884 par les allemands et les chefs DUALA, ne donnait pas la souveraineté à l’Allemagne sur tout le Kamerun qu’ils occupèrent par la suite. De plus, ce traité signé pour une durée de trente (30) ans, cessait d’être valable le 12 juillet 1914. Par conséquent, au moment où éclata la guerre, le 28 juillet 1914, le Kamerun n’était plus lié à l’Allemagne par aucun traité. Pourtant, à la fin de cette guerre, la France et l’Angleterre prétendirent que le Kamerun appartenait à l’Allemagne et se partagèrent notre pays comme un butin de guerre pris sur l’Allemagne vaincue. Cet acte franco-anglais du 10 juillet 1919 fut ratifié par le traité de Versailles en 1920. Simplement, le Kamerun fut « confié » à la France et à l’Angleterre, comme un pays « sous mandat » de la Société des Nations (SDN). Au moment de la pénétration allemande, les populations du Kamerun avaient livré de vaillantes batailles à l’envahisseur. Les luttes dirigées par les chefs Obaa Mbeti, Ngango, Mandola, Watilé, Somo Mambock, etc, puis ensuite par des patriotes comme Samaba Martin, Duala Manga, Ngosso Din, Ibrahim Njoya, avaient toutes pour but de garder notre pays libre et notre peuple indépendant. Au cours de la guerre de 1939-1945, les Kamerunais participèrent vaillament et en grand nombre aux combats aux côtés des résistants français et des alliés, contre les nazis, pour la liberté, notamment celle de la France. Alors qu’en même temps, l’écrasante majorité des français, ou bien collaboraient avec les allemands contre leur propre pays, ou bien se tenaient bien tranquille dans un coin. En 1945, à la fin de la guerre, quand fut créée l’Organisation des Nations-Unies (ONU), la participation des peuples colonisés à la lutte contre des nazis obligea les alliés victorieux, à reconnaître le droit des peuples colonisés à l’autodétermination, le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Tout au moins en théorie. Mais la France notamment, voulait en réalité continuer sa politique colonialiste au Kamerun et dans ses colonies. Pourtant le Kamerun avait vu son statut juridique international changer : de pays sous mandat de la SDN, notre patrie était devenue un « territoire sous tutelle de l’ONU ». Dans tous les cas, le Kamerun n’était donc pas une colonie de la France. Mais cette dernière s’entêtait à vouloir transformer le Kamerun en une colonie française : elle menait chez nous sa politique d’oppression et d’exploitation coloniale, toute faite de racisme contre les nègres et d’humiliations de toutes sortes. Cette politique française engendra inévitablement des luttes dès la fin de la guerre en 1944-1945. Ce sont tous ces évènements, toutes ces luttes, depuis l’époque allemande, la guerre de 1939-1945 et l’après-guerre qui ont « produit » la situation d’effervescence qui a conduit à la réunion historique de 10 avril 1948 à Douala. Cette réunion à la quelle participèrent des patriotes hardis, au premier rang desquels Ruben UM NYOBE, des patriotes comme YAPP Emmanuel et d’autres, donna naissance à l’Union des Populations du Cameroun (UPC). Mais l’idée de fonder l’UPC existait déjà bien avant cette date. Elle est le fruit d’un travail de préparation de plusieurs groupes de patriotes dans le pays. En particulier dans les cercles d’études à Yaoundé et Douala, organisés avec l’aide des syndicalistes français opposés au colonialisme : particulièrement Gaston Donnat, Mme Jacquot, Soulier etc… A ces cercles participaient déjà Ruben UM NYOBE et d’autres patriotes de l’époque. De plus, au même moment dans l’ensemble des colonies françaises en Afrique, se développait un courant de plus en plus fort contre la domination coloniale, pour la liberté et contre les humiliations racistes. Ce courant donna naissance en 1946 à une forte organisation appelée le Rassemblement Démocratique Africain (RDA). Le congrès constitutif du RDA se tint en 1946 à Bamako au Mali. Par la suite, Ruben UM NYOBE devait être élu Vice-Président du RDA, et l’UPC la section Kamerunaise du RDA. CHRONIQUE DE L’UPC De la naissance de l’UPC L’UPC est née parce que la domination coloniale que notre peuple avait combattue dès l’arrivée des allemands en 1884 était devenue encore plus insupportable. Et des patriotes, quelques uns au départ, mais de plus en plus nombreux ensuite, avaient compris que le colonialisme ne disparaîtrait pas tout seul : Il fallait le combattre, le vaincre et le chasser de notre pays. Puisque la domination coloniale était devenue encore insupportable, et que l’UPC était née à ce moment-là précisément, son but premier était donc naturellement de mettre fin à cette domination coloniale. Cette domination s’exerçait contre le peuple Kamerunais qui était alors nationalement divisé (entre la France et l’Angleterre), politiquement opprimé, économiquement exploité et socialement humilié. C’est pourquoi, l’UPC se fixa également pour but, dès sa fondation, le 10 avril 1948 à) Douala, de lutter pour l’indépendance et l’unification du pays, ainsi que « de grouper et d’unir les habitants (du pays) en vue de permettre l’évolution plus rapide des populations et l’élévation de leur standard de vie » (article 1er des statuts de l’UPC adoptés au 2ème congrès tenu à Eseka en septembre 1952). C’est la raison pour laquelle l’UPC est, dès sa naissance, et est restée, le parti du peuple Kamerunais, le parti des travailleurs Kamerunais. Le 1er congrès de l’UPC s’est tenu à Dschang en 1950. Lorsque le 2ème congrès se réunit en 1952 à Eseka, le parti était encore légal. Les statuts et les règles de fonctionnement qui y sont adoptés sont alors ceux d’une organisation légale. Depuis que l’UPC a été interdite en juillet 1955 par le gouvernement français, le parti n’avait pas pu réunir un congrès et se doter des règles statutaires de fonctionnement adaptées aux conditions de vie clandestine qui lui ont été imposées. Ce n’est qu’en 1982 que s’est réuni dans la clandestinité, le 3ème congrès de l’UPC. Au cours de ce congrès, le parti adopta de nouveaux statuts. Ceux-ci ont été conçus de telle sorte que le parti puisse résister à la répression policière ou autre, que le régime néo-colonial du parti unique pouvait mener et menait contre lui. De l’interdiction au 1er janvier 1960 : 1955 : Le 13 juillet, un décret du gouvernement français interdit l’UPC et ses deux organisations de masse (la JDC et l’UDEFEC) du territoire sous tutelle française. Le Secrétaire général de l’UPC Ruben UM NYOBE, entre dans la clandestinité. Les trois autres principaux dirigeants, Felix-Roland MOUMIE (Président), Abel KINGUE et Ernest OUANDIE (Vice-Président) s’installèrent provisoirement à Kumba, dans la partie du pays alors sous tutelle anglaise. 1956 : En décembre, début de la lutte armée pour l’indépendance, par l’UPC qui incarne alors le mouvement national Kamerunais. 1957 : Le gouvernement britannique interdit à son tour l’UPC dans la partie du pays sous sa tutelle, et expulse les trois leaders upécistes qui s’y sont installés, suite à l’interdiction du parti dans la partie française. Ceux-ci sont contraints à l’exil, d’abord au Soudan, puis en Egypte, et enfin au Ghana et en Guinée KonaKry. 1958 : le 13 septembre, Ruben UM NYOBE est assassiné dans les maquis par l’armée coloniale française. Jusqu’à cette date, malgré les tentatives diverses des colonialistes pour saboter l’UPC, il n’y a, à proprement parler, ni scission, ni division véritable de l’UPC. Il n’y a pas non plus, ni « aile Bassaa » ni « aile Bamileké », ni « aile rien du tout » de l’UPC. Et ceci malgré les efforts des colonialistes et leurs amis pour présenter l’UPC, tantôt comme un « mouvement Bassaa », puis plus trad, comme un « mouvement Bamilek », etc. Mais aussitôt après l’assassinat de UM NYOBE, Théodore Mayi Matip sort du maquis où il se trouvait aux côtés du Secrétaire Général de l’UPC, et appelle les combattants et militants du parti à se rallier au pouvoir installé par les colonialistes français en février 1958 et qui est alors dirigé par Ahmadou Ahidjo, à qui la France veut confier le pays après une indépendance factice à laquelle elle a finalement décidé de se rallier. Cette action de Mayi Matip, qui va de pair avec une contestation des trois principaux chefs survivants mais en exil, introduit véritablement pour la première fois, des divisions dans l’UPC. Elle est menée avec en arrière plan la thèse selon laquelle les trois principaux chefs de l’UPC sont désormais des »extrémistes, trop radicaux ». C’est alors qu’on parle pour la première fois, et d’abord dans les milieux coloniaux, d’une « aile Bamileké de l’UPC », dans laquelle, sans aucun respect pour la vérité la plus élémentaire, on range Félix-Roland Moumié, pourtant connu comme Bamun : mais il faut faire feu de tout bois, pour créer et développer les divisions (diviser pour mieux régner) dans le mouvement nationaliste. Effectivement, le travail de sape de Mayi Matip, qui fait largement appel à la corde tribaliste, conduit à de nombreux ralliements de combattants en pays Bassaa. Mais un grand nombre de combattants et militants y poursuivent aussi la lutte, et endurent les pires souffrances, en même temps que les upécistes des autres ethnies et régions du pays. L’armée française se livre au massacre des résistants, aidés par les forces armées Kamerunaises en cours de construction. CHRONIQUE DE L’UPC De 1960 à 1962 1er janvier 1960 : l’indépendance du Kamerun est proclamée par l’ONU, Ahidjo et la France. En même temps, Ahidjo est imposé par les colonialistes français à la tête du pays. 25 février 1960 : Ahidjo tente d’exploiter à fond la division créée par la démarche de Mayi Matip et ses amis. Il publie un décret qui abroge le décret français de juillet 1955 interdisant l’UPC : Le parti et ses organisation de masse sont rétablis dans la légalité. Mais il s’agissait de permettre à Mayi Matip et ses amis de réunir « un congrès d’une UPC légale » (déjà !!!!), afin de désigner une autre direction de l’UPC qui pourrait alors contester avec quelque légitimité la direction qui existe déjà et qui est formée par Moumié, Ouandié et Abel Kingué. La prétendue nouvelle direction proclamerait alors le ralliement de l’UPC à Ahidjo et pense-t-on, le tour serait joué. Le lecteur est prié de remplacer ici, Ahidjo par Biya, Mayi Matip par Kodock ou Hogbe Nlend, et « UPC légale » par la même chose, et il comprendra de lui-même, le sens des évènements actuels. Mais le congrès de Mayi matip, réuni à Yaoundé sous la protection initiale de la police d’Ahidjo, est dispersé peu après son début. Une manœuvre surprenante du fantoche de la France au pouvoir. Après le coup, une partie de ce congrès ayant refusé la supercherie, refuse de suivre Mayi et ses proches, ce qui obligea ces derniers de se rallier seuls à Ahidjo. Mais leur marge de manœuvre étant étroite, ils sont obligés de critiquer les premières tentatives d’Ahidjo pour imposer le parti unique en 1962. Cela vaut alors à Mayi et à d’autres patriotes de l’époque, tels que le docteur Marcel Bebey Eyidi, André-Marie Mbida et Charles Okala, la prison. Mais à la sortie de prison, Mayi Matip rejoignit définitivement Ahidjo, et se retrouva intégré dans le régime. Il sera membre des organes dirigeants du parti unique et occupa pendant plusieurs décennies, le poste de Premier Vice-Président de l’Assemblée nationale du parti unique. Octobre 1960 : Le Docteur Félix-Roland Moumié, Président de l’UPC est empoisonné à Genève (Suisse) par William Betchtel, agent secret français. Juin 1961 : Ernest Ouandié revient clandestinement au Kamerun, après la tenue d’une conférence des cadres du parti en décembre 1960 à Acrra. Sa mission est de continuer la direction du parti et de la lutte sur place. Il installe son QG d’abord dans le Moungo, puis après dans l’ouest, du fait de la pression militaire accrue des forces gouvernementales. 1962 : le 13 septembre, jour anniversaire de l’assassinat de Um Nyobe, Ouandié réunit sous maquis une assemblée populaire. Celle-ci prend acte du fait que le groupe des principaux chefs en lutte est désormais réduit à deux personnes seulement : Kingué et lui-même Ouandié. Elle note sans doute que, de nombreux membres du Comité Directeur élu à Eseka au 2ème congrès sont soit morts, soit ralliés au pouvoir d’Ahidjo. En conséquence de tout cela, elle désigne une équipe de 7 membres sous le nom de Comité Révolutionnaire de l’UPC (CR) chargée de diriger l’UPC jusqu’à son prochain congrès. Ce sont : Ernest Ouandié (Président), Kingué Abel (Vice-président), Ndoh Michel, Ndongo Diyè, Njawé Nicanor, Osendé Afana, Woungly Massaga. Dès l’annonce publique de cette nouvelle, une cabale monstre est déclenchée, qui dure jusqu’à nos jours, pour contester cette nouvelle direction. Une machine de sabotage est mise en marche contre l’UPC qui lutte, son objectif principal est la déstabilisation du CR et de l’esprit de nombreux militants et sympathisants du mouvement national. C’est à cette occasion que, pour la première fois sans doute, le nom de Ndeh Ntumaza est mêlé à des questions d’appartenance ou non à la direction de l’UPC. Car le fait est que le nom de Ntumaza ne figure ni sur la liste des 39 membres du Comité Directeur élu en 1952 à Eséka, ni sur aucune autre liste de ce genre. Aussi vouloir à tout prix présenter Ntumaza comme le dernier chef historique de l’UPC ne peut être qu’une manœuvre de plus, et une pure escroquerie de l’histoire. A supposer même que Moumié, ouandié et kingué aient connu Ntumaza à Kumba, quand ils s’y sont réfugiés en 1955-1957, ils ne pouvaient pas en faire un dirigeant de l’UPC, n dehors de toute règle du parti. Voici ce qui se passa : Peu avant l’expulsion des dirigeants upécistes en 1957 par le gouvernement britannique, un plan avait été conçu pour créer le One Kamerun Movement (OK), mouvement pour l’unification et l’indépendance, avec Ntumaza comme Président et Albert MUkong comme Secrétaire Général. Mais il n’y a pas d’égalité entre l’UPC et le OK. Pour preuve : Ntumaza était Président du OK du vivant même de Moumié, Président de l’UPC. Les compagnons de Ouandié sous maquis assurent qu’au moment même où, en 1961, Ernest Ouandié rentre clandestinement au Kamerun en espérant y rencontrer rapidement le Président du OK pour décider avec lui de continuer la lutte patriotique, eh bien le chef upéciste est stupéfait d’apprendre que Ntumaza quant à lui, a pris le chemin exactement opposé, en sortant du pays. On ne sait d’ailleurs pas pourquoi, jusqu’aujourd’hui. CHRONIQUE DE L’UPC De 1962 à 1992 1962-1971 : Abel Kingué meurt en exil en 1964. Et en 1966, Osende Afana, qui avait tenté d’ouvrir un foyer de guérilla dans le Sud-est, est assassiné par l’armée du pouvoir. Cette mort entraîne la dislocation du groupe qui l’avait suivi, et auquel appartint Henri Hogbe Nlend qui, se consacra quelque temps après, exclusivement à son activité de mathématiques à Bordeaux et ne parlera plus de l’UPC. Il ira même jusqu’à adhérer au RDPC. Dans cette région du Sud-est le Comité Révolutionnaire préparait depuis 1965, un autre front sous la direction de Woungly Massaga. A la suite de ces combats, ce front aussi échoua. Ernest Ouandié tint le maquis pendant 9 ans avant d’être arrêté en Août 1970, et assassiné le 15 janvier 1971 à Bafoussam par le pouvoir d’Ahidjo. Avec cet assassinat, le ban et l’arrière-ban de l’anti-upécisme se répandent en cris de joies et en congratulations réciproques, en tirant la conclusion que « cette fois, l’UPC est bien finie et pour toujours ». Dès le mois de février 1971, le Président français Georges Pompidou vient en visite officielle à Yaoundé, et sitôt qu’il foule le sol Kamerunais, il pousse un retentissant « Vive le Président Ahidjo » qui surprend un peu les observateurs. 1971-1974 : Tout semble confirmer ces prévisions de malheur sur l’UPC. En réalité, ces années sont mises à profit par une poignée de dirigeants et de cadres du parti pour commencer à mettre en pratique le serment fait en janvier 1971, de n’accepter à aucun prix la destruction complète et définitive de l’UPC. 8 Août 1974 : Le comité révolutionnaire de l’UPC rend public « un message à tous les patriotes Kamerunais ». Ce message appelle à construire, avec l’UPC, qui a certes plié mais pas rompu, un « Courant politique du Manifeste National pour l’Instauration de la Démocratie, en abrégé MANIDEM ». L’objectif est aussi, à travers le MANIDEM, d’engager la reconstruction de l4UPC sur les bases solides et adaptées aux conditions de la lutte clandestine imposée par le pouvoir. 1982 : 3ème congrès de l’UPC, clandestin, convoqué par le Comité Révolutionnaire (par ses membres encore en lutte : NDOH Michel et Woungly MAssaga. Le congrès élit la nouvelle direction de l’UPC, appelée le « Comité Central » de l’UPC. En même temps, il adopte de nouveaux statuts et un nouveau programme du parti. 1984 : 4ème congrès de l’UPC, également clandestin. Juillet 1990 : Le comité Central de l’UPC élu au 4ème congrès lance un appel à l’unité de tous ceux qui se réclament de l’UPC, et commence à travailler dans ce sens. 3 Octobre 1990 : Woungly Massaga, qui était depuis le 3ème congrès, Secrétaire Général de l’UPC, annonce sa démission de toutes ses responsabilités au sein du parti, et rejoint Paul BIYA. Il rentre au Kamerun peu après. Toute la lumière n’est pas faite à ce jour sur les causes de cette démission. 14 octobre 1990 : Un communiqué du Comité Central de l’UPC annonce l’élection de Michel Ndoh au poste de Secrétaire Général par intérim. Février 1991 : Le gouvernement de Paul Biya annonce que l’UPC est à nouveau légale, mais avec comme Président Dika Akwa, et comme Secrétaire Général, Kodock Bayiha Augustin Frédéric ! Cette supercherie, qui dépasse l’entendement, est sans précédent. Elle est évidemment inacceptable pour le Comité Central de l’UPC qui dénonce la manœuvre. Février-juillet 1991 : Le Comité central participe à tous les efforts militants pour rassembler tous ceux qui, sincèrement veulent militer dans une même structure upéciste. La majorité des dirigeants qui se trouvaient encore en exil, rentre au Kamerun en juillet. Juillet-septembre 1991 : Le comité central et plusieurs anciens militants upécistes qui avaient cessé toute activité organisée, mènent une intense activité pour réaliser l’unité de tous ceux qui se réclament de l’UPC. Cette démarche acceptée par tous, sauf le tandem Dika Akwa-Kodock Bayiha qui, sûr du soutien du pouvoir, refuse d’entrer dabs un processus unitaire. Au contraire, il envoie menace sur menace aux partisans de l’unité upéciste. 7-8 septembre 1991 : Tenue à Eséka de la Conférence de Réconciliation des upécistes. Seul le groupe Dika Akwa-Kodock Bayiha est absent. Ndeh Ntumazah, qui est encore en exil à Londres, sans aucune activité militante véritable, envoie un message d’approbation et de soutien à la conférence. 9 septembre-13 décembre 1991 : Le Comité National Préparatoire (CNP) du congrès unitaire élu à Eséka mène le travail de préparation du congrès qui est convoqué à Bafoussam pour les 19-21 décembre 1991. 14 décembre 1991 : Une partie des membres du Comité National préparatoire, conduite par Ndeh Ntumaza, rentré d’exil le 5 décembre, change de camp et , sous le prétexte de « l’unité à tout prix », rejoint Dika et Kodock pour réunir un congrès parallèle à Nkongsamba. Les autres membres du CNP décident de maintenir le congrès de Bafouassam comme prévu. Le gouvernement de Biya soutient évidemment le congrès de Nkongsamba et tente de saboter celui de Bafoussam, qui se tient dans des conditions de semi clandestinité, sans autorisation du pouvoir. C’est ainsi qu’en janvier 1992, se présentent sur la scène nationale Kamerunaises, deux directions de l’UPC. Celle élue à Nkongsamba, soutenue par le pouvoir, et celle élue à Bafoussam, niée par celui-ci comme n’étant pas légale. CHRONIQUE DE L’UPC De 1992 à 1996 : Janvier-juillet 1992 : Tentatives variées du Comité Directeur élu à Bafoussam, auprès de celui « élu » à Nkongsamba. Dans ce dernier, Ntumaza a remplacé Dika Akwa comme Président mais Kodock reste Secrétaire Général. Ces deux-là opposent un refus borné à toutes les propositions unitaires du Comité Directeur élu à Bafoussam, dans lequel Michel Ndoh est le Président, et Siméon Kuissu, le Secrétaire Général. A chaque proposition d’unité de ceux-ci, Ntumaza et Kodock se font de plus en plus arrogants, et se livrent à du chantage en se fondant sur le soutien du pouvoir qui les reconnaît comme la « seule direction de l’UPC ». Fin Avril 1992, Siméon Kuissu, Le Secrétaire Général élu au congrès de Bafoussam démissionne de son poste et du Bureau Politique : des divergences profondes l’opposent à la quasi-totalité des membres de cet organisme car il veut, lui, « l’unité à tout prix ». Une unité d’autant plus illusoire que Kodock est de plus en plus allié au pouvoir, et que Ntumaza, tout en se limitant à de la figuration dans cette « UPC légale », refuse lui aussi en fait l’unité. 12 juillet 1992 à Douala, en session plénière, le Comité Directeur élu à Bafoussam prend « la décision de principe de faire légaliser l’UPC légitime, la vraie, sur la base des textes et décisions adoptés au congrès de Bafoussam… » Il convoque pour les 8 et 9 août 1992, un comité directeur extraordinaire élargi aux délégués de la base. Le 9 Août 1992, dans une longue déclaration, cette session extraordinaire du Comité Directeur, réunie à Yaoundé, rend publique la décision de « faire légaliser l’UPC légitime, la vraie, sous le nom de l’UPC-MANIDEM ». C’est « la démarcation », et la naissance officielle de l’Union des Populations du Cameroun – MANIDEM. Depuis ce jour-là, l’UPC-MANIDEM n’avait plus rien à voir avec ce qu‘on appelle « l’UPC légale » de MM Kodock Bayiha et Ndeh Ntumaza. Kodock et son groupe qui, entrèrent quelques mois après, au gouvernement de Monsieur BIYA où ils obtinrent quatre ministères. Pour sa part l’UPC-MANIDEM a poursuivi le combat de l’UPC véritable, pour changer le Kamerun, pour la démocratie, le progrès, la justice sociale et de meilleures conditions de vie pour le peuple Kamerunais. Août 1995 : Tenue du congrès de l’UPC-MANIDEM à Douala. Le parti est légalisé mais le Ministre de l’Administration du territoire (MINAT) refuse de reconnaître son existence et ce, malgré la décision positive de la cour suprême qui confirme cette légalité. Le congrès donne mission au Comité Directeur élu, de renforcer les structures et de développer l’implantation du parti dans le pays. En même temps, il mandate d’engager toutes les démarches nécessaires pour réaliser l’unité des upécistes, unité qui se réaliserait lors d’un congrès unitaire. Août 1995- juillet 1996 : Le comité Directeur de l’UPC-MANIDEM, en même temps qu’il renforce ses structures, fait des démarches actives auprès des autres upécistes ou tous ceux qui se réclament comme tels, pour qu’ensemble, ils oeuvrent pour un congrès unitaire de l’UPC. Ndeh Ntumaza, qui est avec Kodock, accepte la démarche unitaire, mais Kodock la refuse : ils entrent en conflit, et s’excluent mutuellement de leur « UPC légale ». Peut-être était-ce une manœuvre préparée ! 11 mai 1996 : Ntumaza désigne une commission qui travaillera avec l’UPC-MANIDEM, en vue d’un Comité Directeur (CD) élargi aux autres upécistes. Ce CD élargi prévu pour le 13 juillet 1996 finaliserait les critères du congrès unitaire. Mais dès qu’il accepta la démarche unitaire, Ntumaza afficha aussitôt son incohérence, en faisant l’obstruction aux propositions faite par la commission nationale préparatoire (CNP) du congrès unitaire. Il renia le travail fait par les membres de la commission qu’il avait lui-même désignés. En fait Ntumaza avait une grande inquiétude de se retrouver dans un congrès avec les « gens du Manidem » (sic) : il commença à déclarer que les « gens du Manidem », entendez UPC-MANIDEM, n’étaient pas des upécistes ; que s’ils venaient au congrès unitaire, ce ne serait qu’en qualité d’observateurs etc.. Le 13 juillet 1996 : Ntumaza finit par signer avec les « gens » de l’UPC-MANIDEM, une résolution qui constituait l’acte commun, c’est-à-dire la base de l’engagement à tenir un congrès unitaire les 13, 14, et 15 septembre 1996 à Yaoundé. Dans cet acte, le camp de Ntumaza fait adopter un point stipulant que l’UPC-MANIDEM doit cesser d’exister au plus tard le 15 septembre 1996, jour de clôture du congrès unitaire. C’était sans doute un piège… Mais le 19 août 1996, Ntumaza adresse une lettre au Comité Directeur de l’UPC-MANIDEM, lui intimant de dissoudre son parti au plus tard le 07 septembre 1996. Les membres du CD de l’UPC6MANIDEM qui ne voyaient pas l’urgence d’une dissolution dans un processus de fusion, juridiquement parlant, avaient bien prévu, pour respecter leur engagement, de dissoudre leur parti dans un congrès extraordinaire dans la matinée du 15 septembre 1996, avant le début des travaux de clôture du congrès unitaire. Mais Ntumaza et ses conseillers avaient vraiment peur que les « gens » du MANIDEM ne respectent pas leur engagement, ou ne tombent dans le « piège » qu’ils leur tendaient, celui de faire disparaître rapidement cette structure gênante, sans garantie aucune. 13, 14 et 15 septembre 1996 : Congrès unitaire de l’UPC à Yaoundé, plus de 10 000 upécistes venus de tout le pays, de l’étranger et de toutes les tendances y participèrent. Avant d’entrer dans la salle de congrès qui était le palais de congrès de Yaoundé, on obligea les principaux dirigeants de l’UPC-MANIDEM, à démissionner de leur parti, en signant des lettres de démission séance tenante. Faute de ces démissions disait Ntumaza, le Ministre de l’Administration Territoriale (MINAT) ne reconnaîtrait pas la direction élue à l’issue de ce congrès, ni même la validité du congrès. Pourtant, ce même MINAT qui demandait ces démissions de l’UPC-MANIDEM, ou simplement sa dissolution, ne reconnaissait pas l’existence légale de ce parti. Absurde non ? Ni Kodock, ni Hogbe Nlend n’avaient daigné assister au congrès unitaire de l’UPC. Seul l’acolyte de Kodock, l’activiste Esaïe Tocko Mangan, devenu comme lui, Ministre de Paul Biya, y a participé. Il était à la tête du groupe des collaborateurs « upécistes » qui espéraient à travers ce congrès, basculer l’UPC dans le camp de Biya qui, facilita l’organisation matérielle et médiatique du congrès. Leur plan était de voir à l’issue de ce congrès, une direction élue favorable à Paul Biya. Mais ce plan échoua car, malgré le fait que les collaborateurs croyaient contrôler ce Méga Congrès où environ 13 000 upécistes assistèrent, les militants ont largement voté et fait confiance aux camarades venus de l’UPC-MANIDEM (les continuateurs de la lutte historique). Ceux-ci ont été élus à la quasi-totalité des postes clé du Bureau du Comité Directeur, à l’exception de celui de Président de l’UPC pour lequel, ils décidèrent de ne pas présenter de candidat contre Ntumaza. CHRONIQUE DE L’UPC De 1997 à ce jour : A la connaissance du résultat du bureau élu, la déception fut énorme dans le camp des collaborateurs et du pouvoir. Une cabale, comme à l’époque, se déclancha : Ntumaza, élu Président de l’UPC se sentit seul et mal entouré dans cette direction. Ses membres venus de l’UPC-MANIDEM veillaient au grain pour que les décisions prises au congrès soient respectées et appliquées. Les conseillers occultes du Président Ntumaza entrèrent donc en action. Parmi eux, la vieille garde qui avait trahi le parti : Tchoumba Ngouankeu Isaac, dans une lettre expliqua que les « gens » du MANIDEM avaient truqué les élections lors du congrès unitaire. Mayi Matip Théodore, quant à lui, affirmait à qui voulait l’entendre, qu’il n’y avait simplement pas eu de congrès unitaire. Lors du Comité Directeur de janvier 1997 convoqué par Ntumaza, les collaborateurs du parti au pouvoir demandèrent l’exclusion de cet organisme, des membres venant de l’UPC-MANIDEM. Mais ils étaient minoritaires et leur projet de résolution échoua. En juillet de la même année, ils revinrent à la charge, mais cette fois-là, ils convoquèrent un pseudo Comité Directeur, composé exclusivement des membres favorables au complot d’exclusion des camarades venant de l’UPC-MANIDEM. Les comploteurs adoptèrent donc une résolution signée par le Président Ntumaza et suspendant du Bureau du Comité directeur de l’UPC, les membres élus au congrès unitaire de septembre 1996 : Il s’agissait entre autres de Michel Ndoh (Secrétaire Général), Samuel Mack-Kit (Trésorier Général), Moukoko Priso (Secrétaire à l’Organisation). A l’élection présidentielle d’octobre 1997, Hogbe nlend Henri surgit comma un fantôme et est investi par un soi-disant Comité Directeur, comme le candidat de l’UPC à l’élection présidentielle. Le pouvoir essaye alors de faire avec lui, ce qu’il ne réussit pas avec Kodock, à savoir, mettre toute l’UPC à son service, ou bien l’affaiblir, à défaut de la faire disparaître. Là aussi il y a échec, malgré le poste ministériel que Paul Biya lui offrit à « titre personnel » après la présidentielle. Le plan du pouvoir de Yaoundé est donc simple : il faut que l’UPC soit perçu comme un parti ethnique, « le parti des Bassaa » qui veulent aussi manger et qui collaborent sagement avec le régime néo-colonial. Avant d’être chassé du gouvernement après les pseudo élections législatives et municipales de juin 2002, Hogbe nlend avait aussi réussi à se faire proclamer de son côté, Secrétaire Général d’une UPC essentiellement ethnique. C’était à Yaoundé, en Avril 1998, lors d’un pseudo congrès, baptisé le « congrès du cinquantenaire », allusion aux cinquante ans d’existence de l’UPC. 30 juillet 1998 : Décès de Michel Ndoh, Secrétaire de l’UPC à Douala. 11 janvier 2000 : Ralliement de Ndeh Ntumaza à Kodock Bayiha, alors que le même Ntumaza avait demandé et obtenu l’exclusion de Kodock de l’UPC, lors du congrès unitaire de septembre 1996 à Yaoundé. 19 mars 2000 : Le Bureau du Comité Directeur resté fidèle au congrès unitaire de septembre 1996, prend acte de la trahison et de la démission de Ndeh Ntumaza de ses fonctions de Président de l’UPC, fonctions qui lui avaient été confiées lors du congrès unitaire de 1996. Le Docteur Mack-Kit, Trésorier Général du parti est désigné comme Porte-Parole. 2000-2004 : Première étape du travail de reconstruction de l’UPC et perspective du prochain congrès. Mai 2003 : Une session spéciale extraordinaire du Comité Directeur de l’UPC désigne le Docteur Samuel Mack-Kit comme candidat à l’élection présidentielle d’octobre 2004. Du 12 au 15 Août 2004 : Congrès de la reconstruction de l’UPC à Douala. Ce congrès élit Samuel Mack-Kit comme Président de l’UPC et confirme sa candidature à l’élection présidentielle du mois d’octobre suivant. Cette candidature sera par la suite invalidée par le pouvoir, pour des motifs fallacieux et infondés. Moukoko Priso lui, a été élu au poste de Secrétaire Général de l’UPC. Depuis ce dernier congrès, le parti est engagé dans la 2ème étape de sa reconstruction. Il consolide ses structures et s’implante dans tout le pays, malgré les obstacles divers qu’il rencontre dans ce travail. Mais la seule vraie difficulté que l’UPC rencontre dans sa reconstruction est d’ordre matériel, c’est-à-dire financier. Le parti traditionnellement ne compte que sur lui-même, sur les contributions de ses militants dont le nombre et la qualité sont à accroître. D’où la nécessité d’une solide formation comme autrefois. SITUATION DE L’UPC ET LE PROBLEME CAMEROUNAIS Le problème camerounais est le sens du combat de l’UPC. Il se résume à ceci : les camerounais doivent être un Peuple Souverain ; hormis la question de la reconnaissance par la France de nombreuses violations des droits humains et juridiques qu’elle a commise dans ce pays depuis qu’il a été successivement placé sous son mandat et sous sa tutelle. L’UPC en particulier et tous les patriotes camerounais se battent, pour conquérir la souveraineté de leur pays qui reste jusqu’à ce jour, entre les mains de l’étranger, en l’occurrence le France. Et cette dernière est soutenue par tous ses amis impérialistes. La souveraineté de notre peuple signifie qu’il soit Maître chez lui : qu’il puisse librement gérer son pays, librement disposer de ses richesses et de ses ressources, pour l’intérêt et le bien-être de tous ses enfants. Cela implique que notre peuple puisse librement choisir ses dirigeants et ses représentants, sans ingérence étrangère, dans un système véritablement démocratique, qui respecte le droit et les droits humains. Sans la jouissance de ses attributs de souveraineté sur un territoire donné, il ne peut exister de peuple. Les Camerounais n’ont jamais réellement choisi leurs dirigeants : c’est la cause profonde de toutes nos souffrances car, il ne peut avoir de développement du pays tant que toutes les décisions le concernant sont prises par les forces étrangères, ou doivent être approuvées par elles : leur seule objectif étant de défendre « leurs intérêts », et non ceux du peuple camerounais. Le drame est que ces forces étrangères, avec l’aide de leurs complices et valets locaux, oeuvrent pour que cette domination et cette exploitation de notre pays se perpétuent à jamais. Parce que l’UPC est la seule force organisée qui se bat depuis sa création pour changer cette situation, les colonialistes français ont juré et donné des instructions à leurs valets mis au pouvoir, de tout faire pour empêcher la réalisation du rêve de l’Union des Populations du Cameroun, à défaut de faire disparaître ce mouvement. Evidemment, notre combat à nous upécistes, est donc très difficile. Mais notre détermination pour continuer la lutte pour laquelle nos aînés se sont sacrifiés, est également inébranlable. C’est le sens de notre vie. Il n’y a aucun autre combat au dessus de celui-là, pour quiconque dit aimer sa patrie et son peuple : un combat pour la liberté, la dignité et le bien-être de tous les camerounais de toutes les générations. Il en est de même du combat des peuples d’Afrique et du monde, que nous soutenons. |