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REUNIFICATION – SECESSION – UNITE En 1957, lorsque le gouvernement britannique, venant au secours du gouvernement français, prit à son tour la décision inique d’interdire l’UPC, la JDC et l’UDEFEC au Cameroun sous domination britannique, le Président de l’UPC, le Dr Félix-Roland MOUMIE, se trouvait à peine à une soixantaine de kilomètres d’EKONA, à KUMBA avec ses collègues et camarades de lutte pour un Cameroun réunifié et indépendant. La présence du Président Moumié et d’une partie de la direction de l’UPC à Kumba, au cours de cette période de l’histoire de notre pays, était et reste hautement significative. Cette signification est double :
Cette présence physique à Kumba, du président Félix-Roland Moumié, assassiné le 3 novembre 1961 à Genève en Suisse, nous fait pratiquement obligation de parler du problème de la réunification de notre pays, le Cameroun. En effet, la portion de terre africaine qui porte aujourd’hui le nom Cameroun, est habitée depuis la nuit des temps. Au Ve sicle avant notre ère, HANNON, un navigateur carthaginois, resta pantois d’admiration devant la majesté de ce que nous connaissons aujourd’hui sous le nom de Mont Cameroun et qu’il appela, le « Char des Dieux ». Vingt siècles plus tard, en 1472 exactement, les navigateurs à la solde de Fernando Gomez pendant le règne du Roi Alphonso V du Portugal, furent saisis de la même admiration devant le « Char des Dieux » qu’ils nommèrent Mont AMBOZES. Pendant près de deux siècles, ce sera le nom du Mont Cameroun. Ils appelèrent le Wouri, Rio dos camaroes ou rivière des crevettes. Par la suite Camaroes deviendra Cameroun. Le 12 juillet 1884, les rois Akwa et Bell à DOUALA signent avec l’Allemagne, un traité établissant le protectorat allemand sur le Cameroun pour 30 ans, plus connu sous l’appellation Traité Germano-Douala. Lorsque le 3 et 4 Août 1914, l’Allemagne déclare la guerre successivement à la France et à la Grande-Bretagne, il y a déjà plus de 15 jours que le Traité Germano-Douala (du 12 juillet 1884) est devenu caduc. En d’autres termes, au début de la Première Guerre Mondiale, le Cameroun n’était plus un protectorat allemand. Ce fut donc un acte de gangstérisme international lorsque, en 1916, la France et l’Angleterre, ont procédé à la partition de notre pays, considéré comme possession de l’Allemagne vaincue. La future Société Des Nations (SDN), en apportant sa caution en 1920, à la vivisection de notre pays qu’elle met sous Mandat B confié à la France et à l’Angleterre, pose sans le savoir, les prémices du problème de la réunification du Cameroun. C’est bien de la vivisection qu’il s’agissait. DEMEMBREMENT DU CAMEROUN En 1911, peu avant la guerre, le Cameroun couvrait une superficie de 750 000 Km². La Société des Nations démembra notre pays comme il suit :
En 1947, le Docteur ANDELEY, au nom de son parti politique, le Cameroon Federal Union, se prononça aussi pour la réunification de notre pays. Il fut suivi dans cette position par une association d’émigrés Douala vivant sous domination britannique. En 1948, l’Union des Populations du Cameroun, l’UPC, au moment de sa création, intègre la réunification du Cameroun dans son programme politique. Elle en fait la condition sine qua non de l’indépendance du Cameroun sous domination française. En 1949, au mois de Mai, se tient à Kumba, un Congrès National du Cameroun unifié. Il aura peu de résultats. En Août 1951, toujours à Kumba, se tiendra un 2ème congrès semblable au premier. Enfin, du 12 au 17 décembre 1952, se tient à Kumba, un troisième Congrès national du Cameroun unifié. Il y eut des débats houleux au cours de ce Congrès. Le rapport présenté par Ruben Um Nyobe au nom de l’UPC, fut adopté par le Congrès qui décida, séance tenante, de l’éditer en brochure bilingue (Anglais et Français) sous le titre de : « Unification immédiate du Cameroun ». A partir de cette date, le problème de la réunification devient un problème incontournable de la politique camerounaise. Ainsi :
BATAILLE DE L’UPC POUR L’UNITE DU CAMEROUN Mais peut-on se demander : Pourquoi l’UPC s’est-elle tant battue et continue à se battre pour une véritable réunification de la patrie ? Il existe de multiples raisons dont voici quelques-unes : Des raisons ethnographiques : Le Cameroun est une grande famille aux us et coutumes qui lui sont propres. Le traumatisme colonial, illégal et injuste de 1916, tout en démantelant notre pays, a paradoxalement contribué à renforcer le sentiment patriotique de ses habitants. La situation géographique du Cameroun lui a donné l’opportunité d’être le lieu de multiples migrations inter et / ou intra africaines pendant de milliers d’années. Pendant près de 500 ans, les camerounais ont été en contact avec les peuples d’Europe. Tout ceci a contribué à façonner un être particulier : un Camerounais. Dès lors peu importe qu’il parle Allemand, Anglais ou Français, ou encore une de nos nombreuses langues nationales. A ce propos, voici ce qu’écrivait la Kamerun Society en 1957 : « … Son sens de l’hospitalité, la franchise de ses manières et son irrépressible sens de l’humour, ainsi que d’autres qualités, pas toujours nécessairement nobles, se combinent pour faire de lui ce qu’il est. Pour citer Nehru, on pourrait dire - …comme l’océan, elle a reçu les tributs d’un millier de fleuves, et quoi qu’elle ait été assez souvent troublée et que les tempêtes aient fait rage sur la surface de ses eaux, la mer est restée la mer – ». Il est de notoriété publique que des deux côtés du Moungo, il y a des Bassa, des Mbo, des Bamiléké etc.… L’existence des liens ethniques entre les camerounais des deux zones, est donc indéniable. De ce fait, la réunification était donc et reste d’une nécessité incontournable. Raison d’ordre historique : Généralement, le sentiment national, suppose l’existence d’une communauté de tradition, d’origine, de culture et d’intérêt, de souvenir de difficultés partagées, d’un espace géographique commun, d’une histoire humaine et économique commune. Il ne nous semble pas utile d’apporter une démonstration détaillée de cette raison d’ordre historique, tellement cela nous paraît être d’une évidence aveuglante. Raison d’ordre juridique : Nous avons rappelé ci-dessus pourquoi le démembrement de notre pays en 1916, avait été un acte d’injustice. Cette injustice devait être et doit être réparée. Nos aïeux n’ont jamais accepté de céder un pouce du territoire national. Raison d’ordre géographique : Entre le Nigeria et le Cameroun, il existe des barrières naturelles. Or entre les deux zones du Cameroun, les barrières ont été dressées par l’Homme. Elles n’ont rien de naturel. Nous n’en dirons pas davantage. Face aux diverses prises de position des Camerounais des deux zones et aux raisons objectives soulevés et développées par l’UPC dans ses multiples déclarations à propos de la réunification et de l’indépendance du Cameroun, l’ONU, tenant probablement compte de la détérioration de la situation au Cameroun sous dominations française où la France avait déclenché une lutte armée contre les populations, décida de convoquer une Session Spéciale au mois de Mars 1959, consacrée au problème du Cameroun. Cette session spéciale adopta la Résolution N° 1349 (XIII) sur le Cameroun sous administration de la France et la Résolution N° 1350 (XIII) sur le Cameroun sous domination du Royaume-Uni. La résolution n° 1350 du 13 mars 1959 se l’ONU, est la première maille mal taillée du problème de la Réunification de notre pays. L’extrait ci-dessous est significatif à cet égard : « … 1. Recommande que l’Autorité administrante, conformément à l’alinéa b de l’Article 76 de la Charte des Nations Unies, prenne… des mesures pour organiser… des plébiscites séparés dans la partie septentrionale et dans la partie méridionale du Cameroun sous administration du Royaume-Uni, afin de déterminer les aspirations des habitants du Territoire au sujet de leur avenir. « 2. Recommande en outre, que, dans la partie septentrionale du Territoire, le plébiscite ait lieu vers la mi-novembre 1959, que les questions suivantes soient posées à la population de cette partie du Territoire : a) Désirez-vous que le Cameroun Septentrional fasse partie de la région du Nord de la Nigeria lorsque la Fédération nigérienne accédera à l’indépendance ? ou b) Préférez-vous que l’avenir du Cameroun Septentrional soit décidé plus tard ?... « 3. Recommande en outre que, dans la partie méridionale du Territoire, le plébiscite ait lieu au cours de la prochaine saison sèche, entre le début de Décembre 1959 et la fin d’Avril 1960… » Le plébiscite préconisé dans cette Résolution pour le Cameroun Septentrional eut lieu le 7 novembre 1959. Il y eut 113 198 suffrages exprimés : Pour l’intégration au Nigeria : 42 797 voix soit 40 % Contre l’intégration au Nigeria : 70 401 voix soit 60 % La non intégration au Nigeria signifiait en fait, pour la réunification avec le Cameroun sous administration française. Ce résultat, n’étant pas en phase avec l’accord franco-britannique, d’un nouveau partage du Cameroun sous domination britannique, fut refusé par l’ONU !!! Il fallut recommencer. C’est ainsi que les 11 et 12 février 1961, il y eut un double plébiscite au Cameroun Septentrional et au Cameroun Méridional. Voici les résultats de ce double plébiscite : a) Cameroun Septentrional :
Le Cameroun Septentrional était donc intégré à la Nigeria comme l’avaient voulu la France et Le Royaume-Uni. b) Cameroun Méridional :
Ainsi la réunification ne serait pas totale puisque une partie du Territoire, le Cameroun Septentrional fut, par la fraude, intégrée au Nigeria. Pour le reste comment allait se réaliser concrètement cette réunification ? LA REUNIFICATION La réunification va se faire par deux acteurs de façade et leurs soutiens respectifs à l’exclusion du principal acteur, à savoir le peuple camerounais. En effet, la réunification va être l’œuvre de Monsieur AHIDJO ou plutôt du gouvernement français dont Ahidjo sera la marionnette ou la voix de son Maître, d’une part et d’autre part de Monsieur John Ngu Foncha qui jouera sa propre partition parce que, pour le gouvernement britannique, la partie a déjà été jouée et gagnée avec l’intégration du Cameroun Septentrional à la Nigeria. Ce qui se passe par la suite pour le reste du Cameroun, ne l’intéresse pas : C’est le problème du gouvernement français. Or la réunification ne pouvait avoir de pires pères fondateurs de sa naissance qu John Ngu Foncha et Ahmadou Ahidjo. En effet, Ahmadou Ahidjo, pur produit de l’écurie AUJOULAT a été l’un de ceux qui se sont apposés jusqu’au bout, à l’idée de la réunification et de l’indépendance du Cameroun. Quant à John Ngu Foncha, sa position à propos de la réunification a varié tout le temps. En 1959, il y croit. Le concept étant politiquement porteur, il espère en jouer et obtenir l’autonomie du Cameroun Méridional. En réalité, il ne voulait ni l’intégration au Nigeria, ni la réunification avec le Cameroun sous administration française. La Conférence de Foumban en Août 1961 a été un marché de dupes entre les deux acteurs. La forme de l’Etat retenue, à savoir la Fédération, a été un compromis bancal. Monsieur Ahmadou Ahidjo et ses amis français ne voulaient pas de la réunification du Cameroun. Mais dans l’impossibilité de faire autrement, leur souhait était d’annexer purement et simplement, l’ex-Cameroun Méridional. Mais les circonstances politiques de l’époque ne s’y prêtant pas, ils se sont ralliés, de mauvaise grâce à la formule de la Fédération avec manifestement la volonté de réaliser, à la longue, leur souhait. L’Onu et le Royaume-Uni ont fait comprendre à John Ngu Foncha que le Cameroun Méridional n’était pas économiquement viable et qu’il lui fallait accepter la réunification avec le Cameroun sous administration française. Seul, sans soutien réel du Royaume-Uni, ayant renoncé au concours des populations dont la volonté de réunification était très forte, John Ngu Foncha s’est rallié à la Fédération pour la forme de l’Etat, comme une solution du moindre mal. Telle est la triste réalité des faits. A la fameuse Conférence de Foumban en 1961, l’unique séance plénière a duré moins de deux heures. Or, c’est à cette conférence que les deux parties devaient se mettre d’accord sur la forme de l’Etat et sur les principales dispositions de la Constitution du Cameroun unifié. Au lieu de cela, Monsieur Ahidjo a proposé la Constitution de la République du Cameroun de 1960, agrémentée de quelques amendements de circonstance. Ainsi la République Fédérale, couronnement malheureux de tant d’efforts et de sacrifices de la part du peuple camerounais tout entier pour la réunification, commençait du mauvais pied, son existence d’Etat du Cameroun Unifié. GENESE DU PROBLEME ANGLOPHONE Qu’il s’agisse de l’économie, du social, du culturel,… bref, quelque fût le domaine examiné, il apparaissait constamment que l’équipe de Monsieur Ahmadou Ahidjo, se moquait de la classe politique dirigeante du Cameroun Méridional devenu Cameroun Occidental dans la République Fédérale du Cameroun ! Dès l’installation de cette république, l’équipe d’Ahidjo s’est appliquée méthodiquement à grignoter et à gommer tout ce que le Cameroun Occidental pouvait avoir de spécifique. Si la classe politique dirigeante du Cameroun Occidental s’est laissée gentiment annexée par celle du Cameroun Oriental (l’ancien Cameroun sous domination française), le fait n’a pas du tout été du goût des populations du Cameroun Occidental. Mais les populations du Cameroun Oriental étaient logées à la même enseigne. Pour bon nombre d’observateurs politiques perspicaces, le coup de force du 20 Mai 1972 par l’équipe d’Ahmadou Ahidjo, n’était pas du tout une surprise. Il était la suite logique de tout ce qui avait été entrepris à l’aube de la République Fédérale pour réaliser cette annexion camouflée qui osait enfin dire son nom. Cette annexion aux forts relents pétroliers avait été réalisée avec l’accord tacite, implicite, voir explicite de la classe dirigeante politique du Cameroun Occidental. On est passé de République Fédérale du Cameroun à République Unie du Cameroun, puis à République du Cameroun tout court. Comme pour l’indépendance, la réunification de notre pays était tombée entre les mains des personnes qui n’en voulaient pas. Elle ne pouvait donc pas être ce que notre peuple en attendait. Bon nombre des constats d’insatisfaction exprimés par les compatriotes du Cameroun Occidental sont exacts. Certains de ces constats existent dans d’autres régions de notre pays. D’autres constats d’insatisfaction se rencontrent dans d’autres régions du pays. Tout ceci traduit un déficit pour ne pas dire une absence de démocratie dans notre pays. Il s’agit donc d’un problème global et national de mal gouvernance. Ce problème global et national est la somme de plusieurs problèmes spécifiques et / ou particuliers. Ce que l’on appelle aujourd’hui communément le problème anglophone, est l’un de ces problèmes. Nous venons de voir sa genèse et son soubassement. L’honnêteté politique et intellectuelle commande de reconnaître sans fioritures l’existence de ce problème et de ces problèmes. En suite, tout nationaliste et tout patriote camerounais se doit de chercher la ou les solutions à ce problème. Le candidat de l’UPC à l’élection présidentielle de 2004, le Docteur Mack-Kit, a déclaré à ce propos, qu’il faut pour notre pays, une autre façon de gouverner. Notamment, à la répression qui semble être pour le gouvernement du RDPC la seule façon de résoudre les problèmes qui se posent, il faut substituer le dialogue. En effet, il faut donner la possibilité à tous ceux qui ont des revendications, de pouvoir les présenter publiquement, de façon serine et de les défendre sans qu’ils soient pourchassés et considérés a priori comme des criminels. Une intelligente décentralisation réelle des pouvoirs de l’Etat doit permettre la solution des problèmes là où ils se posent, à la base. Lion d’affaiblir l’autorité de l’Etat, une décentralisation bien comprise et bien menée, devient plutôt un atout pour un renforcement équilibré de cette autorité. Le RDPC actuellement au pouvoir a montré par de multiples exemples, qu’il était incapable d’installer un climat de véritable sérénité dans le pays, de prendre en compte les problèmes qui se posent afin de les résoudre par le dialogue avec la participation de tout le monde. C’est pourquoi l’UPC lutte pour que le RDPC soit battu lors des consultations démocratiques (élection présidentielle, élections législatives, municipales etc.…). Mais de par la constitution en vigueur, la Présidence de la République est le centre du pouvoir. Il faut donc le conquérir pour pouvoir mener les indispensables réformes dont notre pays a besoin, dans tous les domaines. Mais pour battre Monsieur Biya ou un autre candidat du RDPC à la prochaine élection présidentielle, il faut absolument obtenir au préalable, l’application des six critères suivants :
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