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COMITÉ DIRECTEUR / STEERING COMMITEE Déclaration de Politique Générale Le Congrès ordinaire de l’Union des Populations du Cameroun intitulé « 2e Congrès de la Reconstruction », s’est tenu à Douala du 14 au 17 Août 2008 sur le thème : « Poursuivre la Reconstruction pour un vrai Changement au Kamerun ».
Le Congrès de l’UPC,
Sur le plan national :Au niveau du Parti Le Congrès de l’UPC, 6. Demande au Comité Directeur et à tous les upécistes, pour la poursuite de la Reconstruction du Parti et en vue de la prise du pouvoir, ce qui suit :Le Congrès de l’UPC,6.1 D’implanter le Parti dans tout le pays avec encore plus de détermination de vigueur et de persévérance. Appelle le Peuple Kamerunais à développer son organisation et sa combativité, et à rester vigilant pour défendre ses droits et ses aspirations à tout moment et en tout lieu. Kamerun Must Change Within Africa Marching In a Moving World The UPC 2008 Programme Adopted by The UPC Congress meeting at Douala on August 14-17, 2008 Download this article in MS Word here . L’UPC ET LES ELECTIONS Dès sa création en 1948, l’UPC a opté pour la participation aux élections en vue de faire triompher ses revendications et objectifs politiques : la réunification et l’indépendance du Kamerun ainsi que l’élévation du standard de vie de ses populations. Il faut noter d’entrée de jeu que la participation de l’UPC aux élections s’est toujours déroulée dans un climat de répression et d’exclusion de la part des pouvoirs en place, colonial hier et néo-colonial aujourd’hui. En 1951, l’UPC a présenté pour la première fois un candidat dans des élections organisées au Kamerun. Um Nyobe, Secrétaire Général de l’UPC brigue l’un des sièges réservés aux indigènes à l’Assemblée Nationale française. Voici comment Um Nyobe lui-même décrit les conditions d’organisation de ces élections aux membres de la Commission de Tutelle de l’ONU. Citation : « Il faut d’abord dire dans quelles conditions ces élections du 17 Juin ont été organisées et comment elles se sont déroulées. La loi électorale est adoptée au parlement français le 23 Mai 1951…. Le décret d’application est pris le 24 Mai… l’Arrêté de promulgation est de la même date, mais ne sera porté à la connaissance du public au Cameroun que le 26 Mai à minuit. Le Secrétaire Général de l’UPC qui se trouve en tournée arrive à Douala à 19h. il dépose sa candidature à 20h. Deux courriers avion organisés dimanche 27 Mai ont pour but d’acheminer les documents relatifs aux candidatures aux élections. Mais délibérément, le chef de la subdivision administrative, délégué du Haut-Commissaire refuse d’acheminer l’acte de la candidature du Secrétaire Général de l’UPC et ne l’envoie à Yaoundé que le 29 Mai, après le délai de forclusion, ceci pour qu’on n’ait pas affaire à la candidature « gênante » ; ce but est atteint et notre candidat se voit obligé de perdre une semaine à Yaoundé pour faire des démarches auprès du Conseil du Contentieux, qui finit par déclarer la candidature recevable le 04 Juin seulement, quand il ne reste à notre candidat en tout et pour tout que 12 jours pour circuler dans la circonscription et prendre utilement contact avec les électeurs… » (1). Fin de citation. A l’issue de ces élections, Um Nyobe est déclaré battu au profit de Ndoumbe Douala Manga Bell qui se révélera être un fervent suppôt du colonialisme français au Kamerun. En 1952, dans son fief de la Sanaga-Maritime, Um Nyobe est de nouveau candidat aux élections à l’Assemblée Territoriale (ATCAM). Une fois de plus, le candidat de l’UPC est déclaré battu par un obscur prêtre l’abbé Melone soutenu par un épiscopat colonialiste. Pour les mêmes élections de 1952, Abel Kingue Vice-Président de l’UPC est déclaré battu par Njine Michel, partisan du colonialisme français… Après la Proclamation Commune faite le 22 avril 1955 par l’UPC, l’UDEFEC et la JDC exigeant la fin du régime de tutelle, la réunification et l’indépendance immédiates du Kamerun, le gouvernement colonial français décrète l’interdiction de ces organisations patriotiques et organise la chasse à leurs dirigeants. Les dirigeants de l’UPC qui échappent à l’arrestation et à la prison sont donc obligés de s’exiler à l’étranger ou de « prendre le maquis » pour échapper à la répression brutale de l’administration coloniale. Convaincu que l’UPC est désormais exclu du jeu politique, le gouvernement français annonce alors des élections pour la désignation des députés à l’Assemblée législative du Kamerun fixées au 23 Décembre 1956. Afin de briser l’isolement de la clandestinité et continuer à peser sur la vie politique légale du pays, l’UPC inspire le lancement le 6 Juin 1956 du courant d’Union Nationale dirigé par M. Soppo Priso et regroupant une trentaine d’organisations progressistes. Le programme de ce courant prévoyait notamment la lutte pour l’unité et l’indépendance du pays et l’obtention de l’amnistie pleine et entière pour tous les soi-disant « hors la loi ». Les colonialistes français exploiteront les ambitions personnelles de certains hommes politiques pour semer la division au sein du Courant d’Union Nationale. Ainsi après avoir fait campagne avec l’UPC pour le boycott des élections de Décembre 1956, Soppo Priso et Charles Assale décidèrent au dernier moment d’y participer. Après l’assassinat de Ruben Um Nyobe en Septembre 1958, la proclamation de l’indépendance formelle du Kamerun est faite le 1er janvier 1960. Le 25 Février 1960, interviendra la ré légalisation de l’UPC par décision du gouvernement Ahidjo. En avril 1960, allant contre les consignes de boycott de la direction de l’UPC, M. Mayi Matip présente des candidats aux élections législatives. Cette trahison accentuera les oppositions entre upécistes en exacerbant les difficultés organisationnelles de l’UPC. Ahidjo récompensera Mayi Matip pour son action anti-upéciste en lui concédant quelques sièges de députés. Il faut noter que la présence d’une UPC apprivoisée à l’Assemblée et surtout de Mayi Matip était voulue par le pouvoir néo-colonial qui cherchait à faire croire ainsi à sa politique dite de « réconciliation ». Ces élections législatives de 1960 furent les dernières ayant opposé plusieurs partis politiques. Dès 1966, la chape de plomb du parti unique allait s’abattre sur le Kamerun jusqu’en 1990 avec la loi du 19 décembre relative à la liberté d’association instaurant le multipartisme. Ce sera en fait un multipartisme caricatural, avec 250 partis politiques dont moins de 10 sont réellement représentatifs. Le but de cette atomisation des forces politiques est de préserver la prééminence de l’ancien parti unique, le Rdpc. C’est pour le même objectif que l’UPC fait l’objet de toutes sortes de manœuvres tendant à l’apprivoiser comme en 1960 avec Mayi Matip. Depuis l’instauration du multipartisme en 1990, le Kamerun a organisé plusieurs consultations électorales : présidentielles, législatives et municipales. I. Elections législatives de Mars 1992 et présidentielle d’Octobre 1992 Il aura fallu attendre plus d’une année après l’instauration du multipartisme pour voir la tenue de la première consultation électorale pluraliste. En fait dès 1990 le Kamerun a connu pendant près de deux ans une période quasi insurrectionnelle. (Campagne prolongée de « villes mortes ») avec comme revendication centrale la tenue d’une Conférence Nationale Souveraine. Le pouvoir refuse la convocation d’une telle conférence qu’il estime « sans objet ». Il annonce plutôt des élections législatives anticipées sur la base d’une loi électorale qui sera élaborée par l’Assemblée monocolore sortante. Ces élections prévues pour la fin de l’année 1991 seront reportées successivement au 16 Février 1992 et au 1er Mars 1992. Ce seront des scrutins de liste majoritaires à un tour, sans possibilité de panachage ou d’alliance électorale entre partis politiques. Les candidatures indépendantes ne sont pas acceptées. Seuls les partis politiques reconnus sont autorisés à présenter des candidats. Il faut avoir au moins 20 ans pour être électeur et éligible. Les Kamerunais de la diaspora ne peuvent pas prendre part au vote ! Dans ces conditions les partis d’opposition dite radicale appellent au boycott du scrutin du 1er Mars 1992. Le Rdpc arrive en tête, mais l’opposition est majoritaire à l’Assemblée Nationale. La corruption et le débauchage de Kodock et de Dakole Daîssala par le gouvernement renversent la majorité à l’Assemblée. L’essai aux législative s’étant révélé concluant, M. Biya décide d’anticiper l’élection présidentielle en Octobre 1992 au lieu de Juin 1993. Malgré la mauvaise loi électorale (scrutin à 1 tour…) l’opposition se présente sous la bannière d’un Front Uni baptisé Alliance pour le Redressement du Cameroun par la Conférence Nationale Souveraine (ARC -CNS). Ce regroupement des plus importants partis d’opposition dont l’UPC suscita un immense espoir de changement. La mobilisation populaire fut telle que, malgré les tripatouillages et les fraudes, le candidat de l’opposition John Fru Ndi était donné vainqueur dans les urnes. Mais le pouvoir va procéder à un véritable coup d’Etat électoral en proclamant M. Paul Biya élu avec 39 % de suffrage exprimés contre 36% pour M. John Fru Ndi. II. Election municipales du 21 Janvier 1996 L’intérêt de signaler ce scrutin se trouve dans le fait qu’il aurait dû se tenir normalement en Octobre 1992. Dans un pays qui se prétend de droit et qui n’est pas en guerre, les mandats des conseillers municipaux sont arbitrairement prorogés de plus de trois ans par la seule volonté du parti au pouvoir ! Malgré la percée des partis d’opposition dans les grandes villes de Douala, Garoua, Bafoussam, ces résultats sont annihilés par la machine hégémonique du Rdpc. Le pouvoir va créer après les communautés urbaines de Douala et Yaoundé, des communes urbaines à Régime dit Spécial où l’exécutif communal est détenu par un Délégué du Gouvernement nommé par le Président Biya, président du Rdpc. III. Elections législatives du 17 Mai 1997 Ces élections se tiennent deux mois après la date normale. Avant cela, l’Assemblée sortante a le temps d’approuver un découpage électoral sur mesure pour le parti au pouvoir. Le gouvernement procède de façon spectaculaire à la revalorisation des salaires des magistrats de la Cour Suprême chargés par ailleurs de proclamer les résultats des élections. A ces élections législatives du 17 Mai 1997, le gouvernement dans sa volonté de diviser l’UPC accepte l’investiture des listes de deux UPC (Upc-K et Upc-N). Mais la candidature de Michel Ndoh, Secrétaire Général de l’UPC est rejetée pour des raisons inconnues. Moukoko Priso et Mack-kit, autres dirigeants de l’UPC régulièrement investis, verront le jour du scrutin leurs bulletins retirés des bureaux de vote sur ordre des sous-préfets de leurs circonscriptions… Avec de telles méthodes, le Rdpc remporte 120 sièges sur 180. Kodock s’en sort avec 1 seul siège ! IV. Elections municipales et législatives du 30 Juin 2002. Les élections municipales devaient se tenir normalement en Janvier 2001. Mais sous prétexte de la tenue à Yaoundé du sommet France-Afrique à cette date, le Président Biya allait reporter ces élections à une date indéterminée ! Finalement, elles seront couplées avec les législatives fixées au 23 Juin 2002. Mais alors que l’on votait déjà dans de nombreux bureaux de vote à travers le pays, le chef de l’Etat ordonne d’arrêter le scrutin et de le reporter à une semaine plus tard, au motif qu’il venait seulement d’être informé de la mauvaise organisation du scrutin ! Ces élections allaient se dérouler comme toutes les autres depuis 1992 : fraudes en tous genres, tripatouillages et intimidation préfectorale avec la complicité de certains éléments des forces de sécurité, au profit du parti au pouvoir, le Rdpc. Les résultats proclamés ne surprennent personne. Le Rdpc rafle 155 sièges de députés sur 180… De 1992 à 2002, toutes les élections organisées par le pouvoir-Rdpc pendant cette période n’ont été ni équitables, ni transparentes et les lois électorales utilisées à cet effet sont tout simplement anti-démocratiques. C’est pourquoi l’UPC a entrepris dès l’an 2000 une réflexion sur les conditions nécessaires pour avoir des élections démocratiques et crédibles au Kamerun. En Septembre 2003, l’UPC traduisait cette réflexion par les six préalables ci-après : 1. Une Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) : plus d’élections par le MINAT, ses préfets, sous-préfets et chefs de districts organisateurs des fraudes électorales !Le parti engagea une grande campagne de popularisation de ces préalables. Cette campagne fut conduite avec succès, entraînant l’adhésion de plusieurs forces politiques de l’opposition et de la société civile dont la Conférence Episcopale Camerounaise. Par contre, le pouvoir n’en tint pas compte, maintenant en l’état les lois électorales iniques utilisées pendant la période 1992-2002. Néanmoins, dans la perspective de l’élection présidentielle d’Octobre 2004, l’UPC décide de présenter un candidat en la personne de son Président, le Dr Samuel Mack-Kit. La candidature de Mack-Kit est arbitrairement rejetée pour permettre à l’usurpateur Kodock, allié du Rdpc qui soutient la candidature de M. Paul Biya, de mener campagne pour ce dernier au nom de l’UPC. La Cour Suprême aux ordres va confirmer cette décision aberrante en usant d’arguments juridiques spécieux. V. A propos des prochaines élections législatives et municipales du 22 Juillet 2007. Une fois n’est pas coutume, ce double scrutin se tiendra dans les délais légaux. Il faut dire que le doute a longtemps plané sur la date de ces élections. Le pouvoir a attendu le dernier moment pour convoquer le corps électoral dans l’intention inavouée de surprendre ses opposants. En effet, la date n’est rendue publique que lorsque le Rdpc estime être en ordre de bataille. Mieux, c’est le moment que choisit le pouvoir pour modifier les règles du jeu : 1. Modification des lois fixant les conditions d’élections des députés et des conseillers municipaux.Le processus électoral est verrouillé tel qu’on peut valablement être tenté d’appeler au boycott. Mais, compte tenu de l’environnement politique national et compte tenu des objectifs poursuivis à travers les élections, l’UPC décide de s’en tenir à sa ligne stratégique qui est de prendre part de diverses manières au processus électoral. En effet, malgré sa volonté réaffirmée de présenter des candidats, l’UPC se trouve une fois de plus exclue de la compétition électorale pour les mêmes motifs fallacieux qu’en 2004 avec le candidat Mack-Kit. Le Minatd devait confirmer dans une correspondance officielle datée du 26 Novembre 2006 adressée aux gouverneurs de province, sa décision illégale de désigner M. Kodock propriétaire d’une UPC apprivoisée, essayant ainsi d’écarter véritable UPC du jeu politique nationale et partant des compétitions électorales. En dépit de ce handicap, l’UPC va participer aux prochaines élections. Notre participation a pour objectif d’utiliser la campagne électorale pour dénoncer vigoureusement la mascarade et réclamer la mise en place d’un processus électoral transparent et démocratique. L’UPC appelle les partis politiques n’ayant pas conclu d’alliance de gouvernement avec le Rdpc ou n’appartenant pas à ce que l’on appelle la « majorité présidentielle », à faire bloc. L’UPC appelle à une grande mobilisation contre la mascarade électorale de l’Etat-Rdpc. Cette mobilisation a pour vocation de se muer en un vaste courant pour le changement démocratique que nous appelons FORUM NATIONAL DEMOCRATIQUE. La vraie bataille avant, pendant et après les élections du 22 Juillet 2007, doit porter en priorité sur la revendication d’un Code Electoral Démocratique et une Commission Electorale Consensuelle, débarrassée de toute influence d’une administration partisane. L’UPC est convaincue que des élections propres, c’est-à-dire transparentes et crédibles constituent l’un des facteurs essentiels à la démocratisation réelle de la vie politique nationale. Une telle démocratisation combinée à une souveraineté nationale clairement affirmée constituent elles-mêmes des conditions indispensables pour libérer les énergies créatrices des hommes et des femmes de ce pays et mettre tout le peuple au travail en vue d’un développement économique accéléré et soutenu, permettant de bâtir une prospérité partagée. Par le Dr Maurice MAKEK
Vice - Président de l’UPC |